ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.
VILLEPINTE (AFP)Par Christine COURCOL et Thierry MASURE - Ségolène Royal a présenté dimanche 11 février dans une ambiance électrique un "pacte présidentielle" en 100 mesures, ne reniant rien de ses propositions controversées, et tentant de redonner du baume au coeur des socialistes après une série de mauvais sondages.
Après "Le progrès pour tous et le respect pour chacun", elle est désormais dotée d'un nouveau slogan de campagne: "Plus juste, la France sera plus forte", dévoilé en fin de meeting...

Son compagnon François Hollande, premier secrétaire, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, ses challengers malheureux de la "primaire", Bertrand Delanoë, Martine Aubry, Henri Emmanuelli, Arnaud Montebourg ont offert une image d'unité avec elle.



Elle a même fait chavirer le public lorsqu'elle a évoqué le sort des jeunes des banlieues. "Je veux, en tant que mère, pour tous les enfants qui naissent et grandissent en France, ce que j'ai voulu pour mes propres enfants", a-t-elle lancé, au bord des larmes. L'ovation a duré deux bonnes minutes.
Son "pacte d'honneur et de confiance" qui, avec cent mesures, fait écho aux 110 propositions de François Mitterrand, promet une série de mesures sociales "le plus tôt possible", dont une hausse du Smic à 1.500 euros (1.250 aujourd'hui) ou l'augmentation de 5% des "petites retraites".
Mme Royal a énormément insisté sur les priorités du PS, comme le logement (les logements vides seront "surtaxés"), l'éducation, " encore et toujours", "la sécurité sociale professionnelle". Mais elle n'a pas chiffré ses nombreuses propositions.
Accablant la droite et son bilan, elle a décrit, le poing serré, "des vies brisées, des familles humiliées, des destins marqués du sceau d'une malédiction qui ne dit pas son nom".
Mais Mme Royal n'a rien concédé de ses positions parfois iconoclastes, qui prennent à rebrousse-poil l'idéologie socialiste traditionnelle: encadrement militaire des jeunes délinquants, révision de la carte scolaire, régionalisation poussée face à "l'Etat jacobin", jurys citoyens.
"C'est un discours qui a une vision, a déclaré Pierre Moscovici, proche de DSK. Les Français savent maintenant à quel choix de société ils sont appelés: ce sera vraiment la droite contre la gauche solidaire".
Pierre Moscovici après le meeting
Pour Elisabeth Guigou (jospiniste), "il y a à la fois une vision et des propositions, ce qu'il fallait faire, ça va remotiver tout le monde" et, selon Marie-Noëlle Lienemann, ce discours devrait provoquer "le rebond de la campagne".