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ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.

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Royal vise la tête.L’ex-candidate a dévoilé ses ambitions pour son parti à l’occasion de sa rentrée politique, samedi, à Melle, avant l’université d’été du PS prévue cette semaine

Mille cinq militants n’avaient d’yeux que pour elle, samedi, sur le podium de la fête de la Rose, à Melle. « Invitée » dans sa propre région Poitou-Charentes (qu’elle préside) par la députée Delphine Batho, l’ex-candidate à l’Élysée n’a pas eu à craindre de se faire voler la vedette. Annoncés, ses principaux lieutenants ont fait faux bond : Vincent Peillon, ancien porte-parole de la candidate, François Rebsamen, numéro deux du parti, ou encore Julien Dray ont brillé par leur absence. « Je ne suis en compétition avec personne », a-t-elle affirmé devant une foule conquise, qui la voit déjà première secrétaire du Parti socialiste.

Une semaine avant la traditionnelle université d’été de La Rochelle, Ségolène Royal a délivré son diagnostic sur les causes de l’échec électoral et sa vision de la « rénovation » du PS. « Nous avons commencé à inventer le socialisme du XXIe siècle, en rendant la parole aux Français », a-t-elle déclaré. Assumant pleinement ses choix de campagne, elle s’est félicitée de n’avoir « abandonné à la droite aucun terrain », en référence à ses propos sur l’identité nationale, la sécurité ou encore le « donnant-donnant » contre « l’assistanat ». « Il n’y a pas de sujet de droite ou de gauche », a-t-elle réaffirmé sous les applaudissements, estimant que des « convergences » sont possibles « au-delà de l’affrontement bloc contre bloc ». Concédant qu’elle a « parfois improvisé » à partir des problèmes « tels qu’ils se posaient », Ségolène Royal en a attribué la cause à un programme socialiste qui n’a « pas été actualisé pour être en prise avec les Français et le monde ».

L’ex-candidate souhaite « ouvrir les portes » du PS à la société française et « favoriser les convergences de toute la gauche, des communistes, des écologistes, des radicaux », mais aussi avec « les centristes du Modem ». Un appel à la « diversité » encadré par le renforcement de la « discipline » de parti, pour « tirer tous dans le même sens ». Premier à en faire les frais : François Rebsamen, qui prône des alliances avec le Modem au cas par cas aux municipales de 2008. Ségolène Royal y voit un risque de « dispersion », plaidant pour une « stratégie cohérente » au plan national.

Que restera-t-il, au terme de cette « rénovation », de la « version française et républicaine du socialisme » que certains dans le parti s’inquiètent de voir disparaître ? Dans le Nouvel Observateur, Laurent Fabius a mis en garde contre la tentation « d’appliquer en France les recettes traditionnelles de la social-démocratie », « inadaptées face au nouveau capitalisme ». Une adaptation que les militants de son association Désirs d’avenir ne récusent pas. « Le mode d’emploi pour comprendre Ségolène Royal, c’est d’intégrer qu’elle est sociale-démocrate », dit Claire. Ségolène Royal veut réviser le logiciel socialiste en puisant son inspiration dans le rapport à l’économie de marché du SPD allemand. « Le marché nous est aussi naturel que l’air et l’eau. Mais l’air peut être vicié et l’eau polluée », et là commence l’intervention du « politique » pour l’ex-candidate. « Le marché chaque fois que possible, l’

État chaque fois que nécessaire, avec les services publics », a-t-elle résumé en adaptant un slogan du SPD.

Ségolène Royal a plaidé pour une politique d’opposition plus nuancée du PS à Sarkozy, en appelant à « ne pas caricaturer le pouvoir en place » et à mieux cibler les critiques. Rendant hommage à « la volonté de réforme affirmée du chef de l’État », elle a déploré le décalage entre les paroles et les actes : « Annoncer la réforme, ce n’est pas l’accomplir. » Mettant en garde contre l’« immobilisme » et la « régression économique », la présidente de Poitou-Charentes a fustigé « l’empilement » inefficace des lois et des commissions et les « injustices » fiscales du gouvernement.

Sébastien Crépel
http://www.humanite.fr/2007-08-27_Politique_Royal-vise-la-tete

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