ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.
Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature, souligne combien le manque de personnel perturbe le fonctionnement de la justice au quotidien.Comment avez-vous réagi à l’annonce du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux ?
Emmanuelle Perreux. Si cela concerne aussi le secteur de la justice, autant fermer les tribunaux ! Nous sommes confrontés à un déficit chronique de greffiers - de 800 à 1 000 postes - et de fonctionnaires de catégorie C.
Quelles sont les conséquences au quotidien ?
Emmanuelle Perreux. Elles sont multiples. L’absence de greffier auprès d’un magistrat entraîne toute une série de dysfonctionnements. On en a eu encore l’illustration avec l’affaire de Roubaix. Ce sont des convocations qui partent avec retard, des audiences qui ne peuvent se tenir faute de greffe, c’est tout le travail administratif de suivi des dossiers et de rédaction des procédures qui prend du retard… Sous pression et débordé, le magistrat n’en est que plus faillible. Tout le monde est d’accord sur ce constat. Et pourtant, rien n’est fait.
Le gouvernement ne l’a pas pris en compte dans son projet de loi finances ?
Emmanuelle Perreux. Une toute petite augmentation est consentie, mais loin d’être en rapport avec l’ampleur du problème. Le budget français de la justice est de 6,27 milliards d’euros en 2007. Il ne représente que 2,34 % du budget de l’État, soit l’un des taux les plus faibles de l’Europe des 27.
L’affaire Évrard a aussi montré les carences de la prison en termes de suivi…
Emmanuelle Perreux. L’administration pénitentiaire est un rouage essentiel de la justice. Or, elle accuse un énorme déficit en matière de réinsertion. Aujourd’hui, 2 700 travailleurs sociaux doivent s’occuper de 300 000 personnes placées sous main de justice ! Ils sont complètement débordés. Il y a plus de trois ans, le rapport Warsmann, rédigé avant la loi Perben II, expliquait déjà l’urgence de recruter 3 000 agents de probation afin de favoriser la lutte contre la récidive. En tout et pour tout, le ministère en a embauché 500.
Entretien réalisé par L.M.
sourcehttp://www.humanite.fr/2007-08-27_Politique_-Il-manque-1-000-postes-de-greffiers