ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.
Moins nombreux pour travailler plus
Le projet de l’UMP propose un « pacte de progrès » avec les fonctionnaires, fondé sur le mérite, l’engagement et la considération. Ce pseudo pacte ne sera pas négocié avec leurs représentants, il leur sera imposé. Le « progrès » ne portera pas sur l’évolution des missions, le déroulement des carrières, l’enrichissement des taches ou l’amélioration du pouvoir d’achat des plus modestes. La réduction du nombre d’agents publics est l’unique objectif.
La relation « gagnant-gagnant » qui leur est soi-disant proposée est une forme de chantage. Il s’agit de leur faire accepter d’importantes suppressions de postes dans leurs services avec l’espoir d’être mieux rémunérés en échange. Cette approche mercantile déconnecte le dialogue social dans les administrations de toute notion d’intérêt général, de toute considération sur la qualité du service public. Ainsi, l’UMP imagine de faire travailler plus longtemps des fonctionnaires qui sont déjà soumis à de fortes pressions comme les personnels hospitaliers, les magistrats, les enseignants…
La rémunération au mérite sera systématisée, ce qui ouvre la porte à bien des dérives. On voit quels dérapages produit l’omniprésence de la culture du chiffre dans la police. Le salaire des fonctionnaires ne sera plus déterminé selon des critères objectifs en fonction de leur grade, de leur niveau de responsabilité et de leur façon de servir. La perspective d’être mieux rémunéré reste virtuelle et discrétionnaire. Les agents qui voudront gagner plus devront effectuer des heures supplémentaires.