ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.
L’institution d’un contrat de travail unique
« Un nouveau contrat de travail, applicable à toute nouvelle embauche, sera créé. Il sera plus souple pour les entreprises, grâce à des procédures de licenciement moins lourdes et surtout moins incertaines, plus gratifiant pour les salariés car il sera unique et nécessairement à durée indéterminée ».
Le contrat de travail unique proposé par l’UMP est beaucoup plus proche du CPE que de l’actuel CDI. En effet, s’il y a une dualité de contrats de travail en France (CDI et CDD), c’est bien parce qu’il y a des situations particulières pour lesquelles le CDI est par hypothèse inadapté (remplacement d’un salarié absent, travail saisonnier, voire accroissement temporaire d’activité). Dans ces hypothèses, l’employeur a besoin d’un contrat qui ne le lie pas pour une durée indéterminée, la contrainte liée au CDI étant qu’il faut motiver la rupture.
Quand l’UMP propose un contrat de travail unique, nul doute qu’il n’entend pas imposer aux employeurs de conclure un CDI dans sa forme actuelle pour pourvoir au remplacement d’un salarié malade ou pour assurer une mission saisonnière. Dès lors, le contrat auquel il fait allusion ne peut être qu’un contrat, dit à durée indéterminée, mais en réalité extrêmement fragile et facile à rompre. C’est pourquoi il précise que ce contrat serait « plus souple pour les entreprises, grâce à des procédures de licenciement moins lourdes ». Le fait qu’en contrepartie, il soit pour les salariés « unique et nécessairement à durée indéterminée » n’est absolument pas pour eux une garantie de sécurité dans l’emploi.
La sécurité apportée au salarié par le CDI tient au fait qu’il ne peut être rompu sans motif. Un contrat de travail, même qualifié de CDI, qui peut être rompu sans motif est encore moins protecteur pour le salarié qu’un CDD, puisque le CDD ne peut en aucun cas être rompu pendant la durée prévue lors de sa conclusion. Dès lors, le contrat de travail unique proposé par l’UMP serait un contrat dont la rupture n’aurait pas à être motivée, c’est à dire l’équivalent du CPE, pour tous les nouveaux embauchés, et donc, à terme, pour tous les salariés. Il convient donc d’assumer clairement la pertinence d’une dualité des contrats de travail, et de démasquer, derrière un discours en apparence séduisant d’unification des contrats, un réel danger pour le monde du travail.