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ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.

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Guy Môquet : Nicolas Sarkozy rend obligatoire dans les écoles la lecture d'une lettre de Guy Môquet.

Fraîchement intronisé sixième président de la Vème République Française, Nicolas Sarkozy a placé les cérémonies protocolaires de sa journée d'investiture sous un fatras de symboles et d'hommages à la Résistance. Après avoir ravivé la flamme du soldat inconnu et déposé des gerbes sous les statues de Georges Clémenceau et du Général de Gaulle, il s'est rendu au Monument de la Cascade du Bois de Boulogne pour y rendre un lourd, très lourd, hommage à Guy Môquet.
Fils d'un cheminot député communiste, Guy Môquet était un jeune résistant militant des jeunesses communistes. Arrêté par la police française en 1940, il fût emprisonné au camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique). A la suite du meurtre d'un officier allemand par des communistes, le ministre de l'Intérieur du gouvernement Pétain le sélectionna avec une cinquantaine d'autres prisonniers communistes qu'il livra en otages aux occupants "pour éviter de laisser fusiller 50 bons Français". Le 22 octobre 1941, ils sont tous abattus par les nazis à titre de représailles. Avant d'être fusillé Guy Môquet, âgé de 17 ans, écrivit cette lettre d'adieu à ses parents:
Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé, Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui, je l'escompte, sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme. 17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon coeur d'enfant. Courage ! Votre Guy qui vous aime
Point d'orgue de sa journée d'investiture, entre Marseillaise entonnée gravement par le Choeur de l'armée française et pompeux discours de Max Gallo, Nicolas Sarkozy a tenu à faire lire cette lettre par une lycéenne devant le Monument de la Cascade du Bois de Boulogne dressé en hommage à 35 autres jeunes résistants martyrs fusillés eux en août 1944, à quelques jours seulement de la Libération de Paris. Devant les caméras de télévision, le nouveau chef d'Etat fit semblant d'essuyer une larme pendant la lecture et annonça au début d'un inquiétant discours d'exaltation des valeurs patriotiques que sa "première décision de président de la République sera de demander au futur ministre de l'Education nationale que cette lettre soit lue en début d'année à tous les lycéens de France".
Décision consensuelle tout à fait respectable que personne ne contestera. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste français, n'a d'ailleurs pu qu'approuver, estimant que "la lecture de la dernière lettre de Guy Môquet avant son exécution est un message fort [...] parce que son combat pour l'émancipation humaine avait un but, celui de construire une République des droits et des libertés dans une démocratie". Pour le PCF, "Ce combat pour résister et pour l'émancipation humaine est pleinement d'actualité et anime aujourd'hui les hommes et les femmes de progrès. Il est donc important que ce message soit délivré aux futures générations et contribue ainsi à placer au coeur de notre République, des valeurs, des droits et un idéal".
On ne peut toutefois s'empêcher de penser que la lourde insistance de Nicolas Sarkozy sur l'esprit de sacrifice et de résistance, sur l'histoire et l'identité de la France éternelle, et sur les nombreux autres symboles patriotiques et nationalistes mis en scène et servis en grande pompe aux médias du monde entier pour cette intronisation, renvoient en creux à une période, celle de la collaboration et du régime de Vichy, dont il est objectivement, par son idéologie, sa personnalité et son parcours, plus proche que celle de la Résistance et du Gaullisme dont il semble vouloir aujourd'hui s'instituer l'héritier. Avec tout le respect dû au nouveau président de la République, il n'est pas inutile de rappeler que son profil renvoie plus à celui du traitre de la droite collaborationniste, voire du milicien de la gestapo, que de l'héroïque jeune résistant communiste. Par ailleurs Guy Môquet combattait pour ce qui allait aboutir au Conseil National de la Résistance (CNR) qui prépara pour l'après-guerre une grande politique de reconstruction solidaire et de progrès social (création de la Sécurité Sociale, nationalisation des services d'énergie, système de retraites, droit du travail, etc) que la droite sarkozyste à promis de finir de casser sans aucun complexe.
Le matin même, dans son discours d'investiture prononcé après la passation de pouvoirs avec Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy a lancé une douzaine d'"exigences" pour son mandat "au service de la France" -- pêle-mêle de sécurité, d'ordre, d'autorité, de morale, de protection, de résultat, etc... -- et a réitéré la promesse faite à ses partisans de "réhabiliter les valeurs du travail, de l'effort, du mérite, du respect". Tout cela, ajouté à son programme ultralibéral et néoconservateur, ne rappelle-t-il pas quelque part la célèbre devise de la France du Maréchal Pétain: Travail, Famille, Patrie plutôt que le Liberté, égalité, Fraternité originel de la République Française ?
Les conseillers de Nicolas Sarkozy devraient lui rappeler que, avec ses 20% de voix venues d'une extrême-droite dont on connaît les accointances avec les idéologies des régimes de Pétain et d'Hitler, ainsi que, pendant la campagne électorale, ses propos sur l'eugénisme ou encore sa proposition de créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale aux forts relents de commissariat aux affaires juives, ses exercices de style et sa manipulation des symboles de la Résistance trouvent aujourd'hui leurs limites. Pour notre part, nous lui conseillerons une autre référence, celle de l'écrivain Léon-Paul Fargue, qui n'avait pourtant rien du mauvais esprit de la génération 68 mais n'avait pas hésité à transformer le tryptique Travail, Famille, Patrie en un Tracas, famine, patrouille qui pourrait bien à terme pour les Français définir le quinquennat sarkozyste tel qu'il semble engagé.

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J
Guy Môquet : nouveau mythe historique Ecrit par Alix Ducret   22-05-2007Guy Môquet (1924-1941).Il y a peu, Monsieur Sarkozy, président nouvellement élu, a décidé qu’à chaque rentrée scolaire serait lue aux élèves de collège la dernière lettre de Guy Môquet, un jeune homme de 17 ans, fusillé en 1941. Le but avoué de cette initiative : faire prendre conscience aux jeunes collégiens français de ce qu’est l’amour de la France ; un amour qui peut et qui a souvent conduit au sacrifice. L’intention est louable… Sauf que ce fameux texte n’est rien de plus qu’une lettre d’adieu d’un fils à ses parents ; sauf que pas une fois, le jeune homme ne mentionne même la France ; sauf qu’il n’y a là aucun appel à la Résistance… Et pour cause ! Guy Môquet, arrêté en octobre 1940, ne l’a pas été pour son activisme contre les Allemands ; il ne l’a pas été pour un quelconque acte résistance -à moins que l’on considère le fait d’avoir été fusillé comme tel ! C’est pour avoir collé des affiches communistes que ce jeune militant a été arrêté ; et c’est parce qu’un officier allemand avait été assassiné qu’il a ensuite été fusillé. C’est bien triste mais ce fut le lot de nombre de Français… Quant à l’opportunité de porter au panthéon de l’histoire un militant communiste…Lorsque ce fils de député communiste est arrêté, en octobre 1940, l’Allemagne hitlérienne et l’URSS sont alliées, complices même. Car si la signature du Pacte germano-soviétique (en août 1939) assure la paix à Hitler sur ses frontières de l’Est, lui laissant tout loisir d’envahir l’Ouest de l’Europe, le Protocole additionnel qui l’accompagne –il ne sera dévoilé qu’en 1945 après l’étude des archives de la Wilhelmstrasse- prévoit un véritable partage de l’Europe orientale. La Pologne et les Etats baltes en feront d’ailleurs les frais les premiers…Une voix officielle " douteuse "Caricature dénonçant le Pacte germano-soviétique.Côté politique, la franche collusion entre les deux dictateurs allait déboucher, dès septembre 1939, par l’interdiction et la dissolution du Parti communiste français. Une dissolution avant tout officielle d’ailleurs, un Parti clandestin se constituant aussitôt. Ce faisant, le gouvernement Daladier ne faisait que répondre à la demande de l’opinion publique, presque unanimement dressée contre les nouveaux « camarades » d’Hitler. Etait-ce justifié ? Peut-on réellement croire qu’un accord, signé par le dirigeant de l’URSS, pouvait engager les communistes français ailleurs que dans la défense de leur patrie ? Il faut croire que oui, notamment à la lecture de l’Humanité –un journal qui, étonnement, reparaîtra officiellement entre 1940 et 1941, soit durant les premiers mois de l’Occupation allemande- ou à celle de nombreux tracts. Ces derniers, certes, sont des appels à la résistance, mais contre le gouvernement français, contre leurs complices « de la City et les 200 familles », bref, contre les capitalistes… Allant même plus loin, certains de ces tracts incitent clairement au sabotage. Ils durent avoir quelque écho, si l’on en croit les rapports publiés après-guerre (sabotage dans les usines de munitions, sur les véhicules militaires, retards de fabrication et de livraison…) Une véritable résistance passive… contre le gouvernement français ! Et l’offensive allemande contre la France, à partir de mai 1940, ne changera rien à l’affaire : le soi-disant appel, revendiqué par le PC après la guerre, est un mythe dénoncé par les historiens depuis longtemps !A l’heure du choixAffiche sur les martyrs de Châteaubriant, parmi lesquels Guy Môquet.On comprend donc la décision de Daladier concernant le Parti. Qui peut dire, par contre, la part de chaque militant communiste ? De la même façon que certains vont suivre aveuglément les directives du Parti, d’autres vont s’engager, dès le début, dans un effort de défense puis de résistance nationale. Mais qui peut dire que ce fut le cas de Guy Môquet ? Personne, certainement, pour la bonne et simple raison que toutes les actions du jeune homme ne concernent que le Parti communiste, la lutte contre le capitalisme et la défense du prolétariat. Nulle mention de patriotisme, de résistance, de défense nationale…Au final, il est certain que son étiquette de communiste allait la desservir : lorsque Guy Môquet et ses camarades sont exécutés, en octobre 1941, cela fait juste six mois qu’Hitler a lancé l’opération Barbarossa contre l’URSS. Une agression qui devait évidemment mettre fin à l’idylle germano-soviétique et classer les communistes au même rang que les autres opposants à l’Allemagne.La France a ses martyrs ; l’histoire, parfois, a su en faire des héros. Mais les politiques n’ont jamais su créer autre chose que des mythes historiques et l’élévation du jeune Guy Môquet au rang de héros national est du nombre, au point qu’on ne saurait voir en lui qu’un nouveau Joseph Bara…
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A
En ces temps où démagogie rime souvent avec sensiblerie, voici un article qui replace les événements douloureux de notre histoire dans leur véritable contexte.http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=582&Itemid=60
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