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ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.

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PRESIDENTIELLE PS 2007 : "Rocard et Kouchner qu’ils rejoignent Bayrou c’est leur affaire !"

 

Billet n°106                                                                                      dimanche 15 avril 2007

 

 

 

 

 

« La semaine des longs couteaux »

 

            Un problème technique m’a empêché de réagir plus vite aux déclarations de Monsieur Rocard. Mais le temps n’a pas pour autant apaisé ma colère.

            Je ne saurai reprocher à Monsieur Rocard qu’il revendique son adhésion au réformisme social libéral de la deuxième gauche, car ce n’est pas nouveau même si c’est regrettable. Des gens qui se disent de gauche et qui, par souci de réalisme, de prétendue sagesse voire d’efficacité, cherchent à faire cause commune avec une partie de la droite dite modérée, il y en a toujours eu. Depuis la fin du 19ème siècle, les partis de gauche, le parti radical, puis le parti socialiste, se sont sans cesse « droitisés » sous la pression de ces pseudo « réformistes »  sans que jamais la droite, pour autant, leur en ait été reconnaissante. Au fur et à mesure des abandons que ces gens là ont consentis, le socialisme s’est de plus en plus confondu, dans l’esprit de nos concitoyens, avec les thèses de la droite. Ce faisant les citoyens se sont détournés peu à peu d’un débat qui perdait tout intérêt sauf à le réduire à une compétition de personnes dans laquelle l’image l’emporte de loin sur le fond. A ce jeu là il n’est pas surprenant que l’abstention progresse, que les extrémismes prospèrent et que le plus souvent la droite l’emporte puisque ses hommes contrôlent la diffusion de l’image..

 

            Je trouve en revanche inacceptable, quand on prétend encore être membre du Parti socialiste, quand on a revendiqué et presque supplié une place de député européen au nom de ce même parti, d’appeler à une alliance avec le candidat centriste, et ce au moment le plus sensible de la campagne, portant ainsi un coup de poignard dans le dos de la candidate socialiste et au delà d’elle de tous les socialistes. Monsieur Rocard a sans doute mal digéré le mauvais sort que lui a fait l’histoire. Ce sort, il l’avait pourtant recherché quand il a lui même cassé son image en quittant le PSU dans lequel il dirigeait une minorité de socialistes forts critiques à l’égard de la dérive droitière de la SFIO, le parti socialiste de l’époque, pour devenir l’incarnation de cette deuxième gauche prête à toute les compromissions. Quelques frustrations supplémentaires l’ont sans doute convaincu qu’il était temps pour lui, avant de sombrer dans l’oubli, de tenter de réaliser son rêve - briser définitivement le parti socialiste et ce qu’il pense être l’archaïsme antilibéral- tout en réglant son compte de rancœurs accumulées.  

 

            Monsieur Rocard continue de prétendre qu’il est socialiste. Contre toute évidence et contre toute honnêteté. Ses déclarations sont de nature à nuire à la candidate socialiste. Son exclusion devrait être immédiate. Et j’invite tous les camarades à la demander d’urgence.

 

Rocard a tiré le premier. Il n’a plus rien à perdre que son honneur. Kouchner tire le second : n’ayant jamais pu être élu quelque part, ayant laissé dire qu’il pourrait bien participer à un gouvernement Sarkozy, l’ancien responsable des étudiants communistes démontre une fois de plus que lorsqu’on abandonne ses idéaux de jeunesse il est difficile de s’arrêter en chemin. Mais que ces deux prises de position interviennent ce week-end confirme l’existence du complot : il s’agit de s’appuyer sur l’échec espéré de Ségolène Royal pour casser définitivement le parti socialiste. Ces deux là sont sortis du bois. Mais d’autres  attendent dans l’ombre et murmurent déjà que si ce n’est pas aujourd’hui ce pourrait être demain ! Ce qu’ils cherchent c’est la rupture ! La rupture avec le socialisme ! Qu’ils rejoignent Bayrou c’est leur affaire ! Mais qu’ils ne le fassent pas au nom du socialisme, eux et ceux qui sont prêts à les suivre ! Nul n’est obligé de se dire socialiste.

 

La tentation centriste était déjà fort à la mode du temps de Gaston Defferre et de Lecanuet. Mais les tentatives de cette nature menées au début de la Vème République n’ont fait que servir la droite et l’extrême gauche. Au contraire François Mitterrand fit la démonstration que la seule façon de battre la droite était d’unir la gauche. Il semble que certains veulent oublier la leçon. Ce n’est pas mon cas. C’est pourquoi je voterai sans état d’âme pour Ségolène Royal. Et s’il y en a qui nous aiment au point de vouloir s’allier à nous, qu’ils votent pour elle !                                            

                                                                             Jacques Fleury

 http://jacques-fleury.parti-socialiste.fr  pour lire tous ces billets de campagne

 

 

 

 

 

 

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