L’annulation du débat entre Ségolène Royal et François Bayrou samedi par le Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR) provoque un profond malaise chez les journalistes.
En effet, il semble qu’il y ait effectivement deux poids et deux mesures dans la presse régionale.
M. Jacques Camus, responsable de la commission information de l’organisation patronale, a démenti avoir subi des pressions de la part de l'entourage de Nicolas Sarkozy pour refuser le débat. Dont acte. On ne connaîtra jamais la vérité.
Mais on ne peut s’empêcher de rappeler que le même Jacques Camus n’avait pas hésité à organiser en catastrophe, sur injonction de Nicolas Sarkozy, une interview « exclusive » pour annoncer sa candidature à l’élection présidentielle le 29 novembre 2006.
Le SPQR avait délégué en catastrophe cinq journalistes chargés de recueillir un prétendu « scoop » au siège de l’UMP. L’interview avait alors été envoyée à toute la presse régionale (une soixantaine de quotidiens régionaux et départementaux) avec « prière d’insérer ».
Il s’agissait bien d’une vulgaire opération de communication du candidat de l’UMP qui, non content d’avoir fait la démonstration qu’il avait la presse régionale à ses pieds comme un seigneur avec ses vassaux, avait obtenu un droit de regard sur l’interview.
Le SNJ-CGT constate que l’attitude du SPQR, aujourd’hui, provoque, à juste titre, de multiples interrogations.
Il exige que toute la lumière soit faite à propos des relations étroites entre le candidat Sarkozy et une majorité de patrons de presse qui semblent avoir des principes professionnels et du pluralisme une définition étroite et tronquée.
Montreuil le 27 avril 2007