ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.
PARIS (Reuters) -vendredi 23 mars 2007, 18h05 Partis de gauche et associations de défense des étrangers dénoncent la mise en garde à vue d'une directrice d'école maternelle du XIXe arrondissement de Paris, qui a été relâchée après quelques heures. Tous reprochent à Nicolas Sarkozy d'avoir donné des consignes permettant aux forces de l'ordre de s'en prendre aux enseignants qui protègent les sans-papiers, à quelques jours de son départ du ministère de l'Intérieur, qui interviendra lundi. Convoquée dans la matinée au commissariat, la directrice, Valérie Boukobza, était suspectée "d'outrages et dégradations de biens publics en réunion" et deux autres personnes également entendues "d'incitation à l'émeute." L'enquête portait sur des incidents survenus mardi devant l'école en marge d'arrestations de parents d'élèves sans papiers. Après plusieurs heures d'interrogatoire, le parquet a ordonné leur remise en liberté, a dit le bureau du procureur. Les échauffourées, mardi, avaient opposé des particuliers et des policiers qui venaient interpeller des parents d'élèves sans papiers chinois dans cette école, rue Rampal. Les policiers auraient fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les personnes qui intervenaient en faveur des étrangers. Un enregistrement vidéo de ces incidents, effectué apparemment sur téléphone portable, circule sur internet. Selon le parquet, une voiture de police a été dégradée et un policier frappé s'est vu prescrire dix jours d'incapacité totale de travail. Le parquet assure que les policiers ont identifié la directrice comme la responsable des dégradations sur la voiture. PROTESTATIONS A GAUCHE Dans un communiqué, le Parti socialiste a demandé "solennellement à ce que toute la lumière soit faite sur l'arrestation de la directrice d'une école maternelle". Dans une lettre à Nicolas Sarkozy, le député PS Jack Lang se déclare "totalement solidaire de ces enfants" qu'il se dit prêt à accueillir et à protéger, ainsi que de la directrice d'école "qui mérite notre plein respect." Marie-George Buffet, candidate communiste à l'élection présidentielle, a jugé cette arrestation "révoltante", de même que le candidat altermondialiste José Bové, qui avait appelé à manifester devant le commissariat. "C'est à l'un des derniers refuges des valeurs de la République - l'école - que le ministre-candidat de l'UMP s'attaque en posant la dernière pierre de son action au sein de ce gouvernement", s'indigne la candidate des Verts, Dominique Voynet. Pour la Ligue communiste révolutionnaire, "le ministre candidat Sarkozy", derrière ses discours électoralistes, "montre son vrai visage." L'Unsa Education dénonce les "tentatives d'intimidation à l'encontre des enseignants qui protègent les élèves sans papiers" et SOS-Racisme demande que cessent "ces harcèlements policiers" qui "ressemblent beaucoup à un signe électoral." Après une vive polémique sur les expulsions d'étrangers parents d'enfants scolarisés, l'été dernier, Nicolas Sarkozy avait annoncé le 18 septembre sa décision de régulariser 6.924 personnes sur les 30.000 ayant demandé à rester en France. De nombreuses associations demandent une opération de régularisation globale. Une campagne sur les écrans de cinéma en faveur des enfants étrangers a été lancée par des cinéastes et des artistes. Le mois dernier, la Cour de cassation a condamné la méthode policière consistant à arrêter un étranger sans titre de séjour en préfecture après l'avoir convoqué sous le prétexte d'un examen de sa situation, une méthode utilisée par la police. La semaine dernière, le Conseil d'Etat a annulé pour des raisons de procédure la décision de Nicolas Sarkozy de créer un fichier informatique baptisé "Eloi" pour les étrangers illégaux et leurs proches.