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ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.

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Billet de campagne de Jacques FLEURY

 

 

 

Billet n° 95                                                                                                     mardi 20 mars 2007

           

La pénurie du logement est un facteur de destruction d’une société. On connaît la situation catastrophique de ceux et celles qui soit se trouvent jetés à la rue, soit acceptent des conditions de logement insalubres. D’autres familles vivent dans des logements trop petits, souvent inconfortables. Les victimes sont alors confrontées à des problèmes de santé, à des problèmes d’éducation et de formation scolaire liés aux conditions de coexistence, voire à des dérives délictuelles liées à la promiscuité ou au désespoir.

 

 

Même lorsque nos concitoyens réussissent à occuper un logement décent conforme aux besoins de leur famille, c’est souvent à des prix fort élevés : ils sont alors obligés de consacrer au logement une trop grande partie de leur revenu au dépens d’autres domaines pourtant eux aussi essentiels. C’est vrai pour le logement locatif, c’est vrai aussi pour l’accession à la propriété. Devenir propriétaire de son habitation est sans doute une ambition légitime mais les conditions actuelles du marché, les prêts à très long terme, ne sont pas toujours compatibles avec les revenus des ménages concernés. Développer l’offre permettrait de faire baisser le montant des loyers, de faire baisser la pression sur l’ensemble du marché du logement,  et donc de rendre du pouvoir d’achat aux revenus les plus modestes.

 

 

La rareté des logements ne fait évidemment pas que des malheureux. Elle entraîne selon une loi du marché trop connue, la hausse des prix et la spéculation. Elle permet non seulement de coquets bénéfices et laisse se  développer des pratiques de plus en plus scandaleuses. Elle assure aussi la ségrégation sociale et la constitution de ghettos de riches face aux ghettos des pauvres. On a pu constater la résistance des villes « bourgeoises » - n’est-ce pas M. Sarkozy ? – devant la loi de solidarité urbaine votée par la gauche. Il faudra imposer l’application de cette loi et imposer une meilleure répartition des logements sociaux sur l’ensemble du territoire. Car l’insuffisance en matière de logement ne se constate pas seulement dans l’ensemble du pays, elle se vit, mal,  dans les territoires où les besoins se font sentir.

 

 

Par le biais d’une mauvaise répartition sur le territoire, le logement est lié aux questions de transport. Faute de trouver à se loger à des prix abordables à proximité du lieu de travail, ce sont des heures et des heures de déplacement que les salariés doivent consentir, nuisibles à leur santé, à leur productivité si chère pourtant aux employeurs, nuisibles également à l’environnement, provoquant de la pollution et du gaspillage énergétique, nuisibles enfin à leur pouvoir d’achat.

 

 

De façon plus générale le logement est lié à l’emploi : difficile de trouver un logement lorsqu’on a pas d’emploi et donc de garantie de revenu pour le propriétaire. Mais aussi comment aller au travail lorsque l’emploi se trouve éloigné du logement au point de rendre le transport si coûteux que le salaire ne compense plus suffisamment l’effort consenti. Le logement est lié à la mobilité professionnelle, car si le salarié au chômage ou celui qui souhaite évoluer dans sa carrière, prêt à accepter d’être mobile pour trouver un emploi ou un avancement, craint de ne pas trouver un logement accessible à un prix abordable, il hésitera à quitter une situation peut-être inconfortable mais tout du moins connue.          

 

 

Il faut donc construire, et construire encore. Avec la préoccupation d’économiser l’énergie et donc l’environnement et le pouvoir d’achat des futurs occupants. Pour en finir avec la carence dans ce domaine, pour résorber la spéculation et faire baisser les prix et les loyers. Les aides actuelles de l’Etat sont dérisoires. Les collectivités locales asphyxiées par la décentralisation de M. Raffarin ne peuvent plus suivre les besoins des communes. Il faut donc une intense et nouvelle mobilisation.  Mais il ne suffit pas de construire. Il faut veiller à ce que les logements qui viennent sur le marché soient offerts à des prix abordables, d’où l’idée des socialistes de mettre en place un bouclier à 25 % des revenus modestes, et de développer un fonds de caution d’Etat efficace. Il faut aider les personnes sans que ces aides permettent aux propriétaires d’imaginer de nouvelles spéculations.

 

 

 

 

Education, santé, transports, productivité, environnement, paix sociale, pouvoir d’achat, toutes ces préoccupations essentielles dépendant de façon évidente et quelquefois dramatique du logement. Traiter du logement c’est donc s’attaquer à toutes les grandes questions de notre société moderne. 

 

 

 

 

                                                                                  Jacques Fleury 

 

 

 

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