ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.
Billet n°93 vendredi 16 mars 2007
Antenne 2 hier soir. Ségolène a réaffirmé plusieurs fois avec force ses convictions socialistes. Elle a repoussé toute idée de négociation avec le centre. Et surtout elle a tracé avec autorité les grands axes de son futur mandat. C’est ce qu’on attend d’un candidat au poste de Chef d’Etat qui n’a pas à définir le programme d’un conseiller général ou même d’un député, mais qui doit indiquer la voie dans laquelle il compte mener le pays. C’est de façon très concrète, avec force et conviction, que Ségolène Royal a rappelé quelles seront ses orientations.
Au fil de l’émission j’ai retenu, mais je reconnais que c’est un choix personnel, que notre candidate a affirmé que l’Europe devra mettre en place un pacte social avant qu’un référendum n’instaure de nouvelles règles institutionnelles Elle a raison. Parce que si nous acceptions de définir des règles de gouvernance européenne avant qu’une harmonisation sociale et fiscale soit instaurée en Europe, nous pourrions dire adieu à nos espoirs d’une Europe politique forte et d’une Europe à vocation sociale. Ce serait la capitulation assurée devant l’Europe du marché que nous condamnons.
Pour éviter que nos pays perdent leur substance industrielle, elle a affirmé que l’Europe devra se protéger des délocalisations. Il lui faudra certes convaincre nos partenaires européens de la nécessité de cette protection. A droite ce n’est pas l’idée la plus répandue ! Mais elle a raison: c’est en effet une condition essentielle de la lutte contre le chômage et contre la perte d’indépendance qu’entraînerait la fuite de notre industrie. Ne pas ouvrir nos frontières à des produits fabriqués sans respecter des conditions sociales et environnementales minimales, sanctionner les délocalisations de confort, aider au contraire les petites et moyennes entreprises à développer leurs activités, installer les salariés dans les conseils d’administration…voici parmi d’autres des orientations tout à fait concrètes.
Le capital sera plus taxé que le travail. Face à la politique menée par la droite c’est une révolution significative. C’est la réhabilitation du travail face au confort de la rente.
L’assistanat remplacé par la solidarité dans une société de responsabilité – ce qu’elle appelle le gagnant-gagnant – et le refus d’une précarité nuisible à la motivation des salariés et à l’efficacité économique : c’est tout le contraire de la politique menée par la droite depuis cinq ans, celle que soutenait et poursuivrait Bayrou, celle qu’a soutenu et que voudrait aggraver Sarkozy.
*
* *
Une élection quelle qu’elle soit devrait d’abord être le choix d’une orientation politique. Disant cela je sais combien je vais à l’encontre de nombre de nos concitoyens qui vont répétant qu’ils choisissent l’homme - ou la femme – plutôt que le programme. Au vu des résultats, après une longue période d’alternances qui relèvent plus du « zapping » que du choix politique, ils pourraient s’interroger sur la pertinence de cette démarche.
Il est vrai que certains « responsables » politiques ne montrent pas l’exemple. Voyez cet ancien ministre prétendument socialiste qui tape allègrement contre son camp, sans doute par l’effet d’une haine recuite. A moins que la même originalité qui le pousse à nier que le réchauffement climatique soit la conséquence de l’activité humaine, le conduise à penser que c’est en favorisant Bayrou ou Sarkozy qu’il aidera la gauche. Voyez cet encore député socialiste – comment s’appelle-t-il ? – qui après avoir milité dans les rangs socialistes, juge indispensable de régler ses comptes, et en s’attaquant à la candidate dont il a fait un moment la campagne, préfère démolir gauche toute entière pour satisfaire son ego.
Des petits messieurs tout ça ! A l’évidence le socialisme ne perdra rien à les voir quitter la politique.
Jacques Fleury
Photo prise lors de la grève à Méaulte (Airbus)
http://jacques-fleury.parti-socialiste.fr pour lire tous ces billets de campagne