Invité de l'émission "A vous de juger", le candidat
UMP à la présidentielle a présenté pendant plus de deux heures le projet qu'il a eu l'occasion d'exposer à maintes reprises ces deux dernières années. Il n'a pas fait d'annonces, sauf la création, s'il est élu, d'un "ministère de l'immigration et de l'identité française" et l'augmentation de la pension de reversion des veuves, qui passerait "de 54% à 60%".
François Bayrou, candidat de l'UDF à la présidentielle, a estimé vendredi qu'"en enfermant dans la même phrase
immigration et identité nationale",
Nicolas Sarkozy a franchi "une frontière". "Puisque Simone Veil s'est prononcée pour Nicolas Sarkozy, je lui demande si elle est prête à apporter son soutien et sa caution à un ministère, ouvrez les guillemets, de l'immigration et de l'identité nationale", a déclaré M. Bayrou sur
Europe 1. "La Simone Veil que j'ai connue, je suis sûr qu'elle ne peut pas accepter cette approche", a-t-il ajouté.
François Hollande, premier secrétaire du
PS, a pour sa part accusé vendredi le candidat
UMP Nicolas Sarkozy d'être dans "un flirt poussé avec les thèses du
Front national", commentant sur France Info l'engagement de Nicolas Sarkozy de créer un "ministère de l'immigration et de l'identité nationale". Le numéro un du PS a affirmé que cette annonce était "un constat d'échec" de la part de Nicolas Sarkozy, "ministre de l'Intérieur depuis cinq ans". "Il a fait voter deux lois sur l'immigration et maintenant, il nous annonce une nouvelle loi et un nouveau ministère", s'est-il étonné.
Sur
France 2,
Nicolas Sarkozy a réexpliqué, en répondant à des questions de journalistes et de téléspectateurs sur un ton volontariste, les "engagements précis" qu'il entendait prendre "pour la France", répétant les mots de "travail, effort, mérite, récompense".
Auparavant, le candidat a affirmé que l'avis de
Jacques Chirac --qui doit s'exprimer dimanche à la télévision sur ses intentions pour la présidentielle-- "aura du poids. C'est incontestable". "Je respecte la fonction, je respecte l'homme, bien sûr, je sais ce qu'il va dire. Nous en avons parlé mais je ne suis pas son porte-parole", a affirmé M. Sarkozy. "Un homme de son expérience, s'il devait m'apporter son soutien, vous ne croyez quand même pas que je vais dire que ça n'a pas d'importance".
Il ne fait guère de doute que M. Chirac, 74 ans, ne se lancera pas dans la course à l'Elysée. La principale question reste de savoir sous quelle forme il apportera son soutien à M. Sarkozy, candidat de sa famille politique mais avec lequel les chiraquiens ont longtemps entretenu des relations difficiles.
Alors que
François Bayrou, le candidat
UDF, a bondi dans les sondages et talonne désormais ses rivaux
UMP et
PS, M. Sarkozy s'est efforcé de garder un ton détaché. Comme pour banaliser un fait qui inquiète désormais dans son parti.
"
François Bayrou, je l'apprécie" et "le respecte", a assuré le candidat
UMP, minimisant au passage les enquêtes d'opinion: "Ce n'est pas les sondages, c'est les Français" qui choisissent le président de la République.
Mais il a fustigé une "stratégie de l'immobilisme", estimant que "dans une démocratie, il faut une majorité et une opposition. A l'arrivée les Français veulent de la clarté, un choix".
Quant à
Ségolène Royal, "elle veut revenir à Jospin", a-t-il estimé. Il a également critiqué sa rivale, qualifiée de "compassionnelle". "Dans le compassionnel, je risque d'être battu. Mais je ne pense que les français jugent à cela un président de la Vè République", a-t-il dit.
Reprenant le thème de prédilection de sa campagne - l'augmentation du pouvoir d'achat - il a répété qu'il permettrait de "travailler plus pour gagner plus", conditionnerait les allègements de charges des entreprises à leur politique salariale. Il a proposé de "se servir de l'impôt intelligemment, non comme une punition mais comme un levier pour créer de l'emploi, de la croissance et des richesses".
Autres propositions réitérées: baisse du nombre de
fonctionnaires et réduction de la dette, exonération des droits de succession et de donation pour 95% des Français, fusion de l'Unedic et de l'Anpe, possibilité de cumuler minima sociaux et
emploi pendant deux ans...
Enfin, à propos d'Airbus, il a estimé que "l'Etat doit constituer un nouvel actionnariat" pour cette société afin qu'il "n'ait pas à s'en occuper". Il a une nouvelle fois fustigé l'euro trop fort, dénonçant la politique de la Banque centrale européenne.