ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.
Billet n°86 jeudi 8 mars 2007
A un journaliste du Courrier Picard qui me demandait ce qui m’avait conduit à ouvrir un blog, j’ai répondu récemment que c’était la seule façon pour moi de m’adresser au public, puisque lorsque la presse s’intéressait à moi ce n’était jamais pour entendre ce que j’ai vraiment à dire.
Exemple : hier, mercredi, la fédération socialiste organisait une conférence de presse. Objet : informer le public de l’action des parlementaires socialistes au cours de la législature qui s’achève et montrer à quel point la politique de la gauche était à l’opposé de celle de la droite. Nous avions toutes une série d’exemples tout à fait concrets permettant d’illustrer notre propos. La loi Fillon de 2003 sur les retraites, qui allonge la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein quand on sait que le nombre des salariés qui travaillent encore à soixante ans diminue.
La loi Fillon de Mai 2004 grâce à la quelle le contingent annuel d’heures supplémentaires est passé de 130 à 220 heures et même dans la restauration à 360heures. Ce qui veut dire que maintenant c’est à la 221ème voire à la 361ème heure sup que se déclenche la majoration de 100%. Ils travaillent plus mais gagnent moins ! La loi Borloo de janvier 2005 qui a déduit les temps de trajets professionnels du temps de travail effectif. La Loi SRU qui oblige les communes à construire des logements sociaux à hauteur de 20% et que la droite a voulu démanteler en 2005, ne reculant que devant l’efficacité de l’opposition La bataille menée par la gauche contre le Contrat première embauche (CPE), bataille perdue par la droite mais que Sarkozy entend bien reprendre avec le « contrat unique ». La bataille contre la privatisation de GDF, repoussée jusqu’en juillet 2007 grâce à la saisie du Conseil Constitutionnel par les socialistes. Mais bataille qui serait perdue si la droite gagnait. La suppression des emplois jeunes qu’elle a rétabli in extremis L’abolition de la loi de modernisation sociale qui protégeait les salariés contre les licenciements boursiers.
Et bien d’autres encore. Et par exemple toute une série de mesures prises de façon plus discrètes comme celles ci : visite médicale tous les deux ans au lieu de tous les ans, suppression du registre de l’Inspection du Travail, passage de la fiche de paye de 21 à 7 lignes pour empêcher le contrôle des salariés, exclusion des salariés de moins de 26 ans et des stagiaires pour limiter le droit à des délégués de personnel ou au comité d’entreprise, impossibilité de réintégrer dans l’entreprise quelqu’un dont le licenciement a été reconnu illégal, travail de nuit dès l’âge de 15 ans et extension de 7à 8h de travail quotidien pour les moins de 18 ans Ajoutons à cela les ordonnances d’août 2005 reconduites par une loi du 31 décembre 2006 – noter le choix des dates qui annoncent toujours les mauvais coups!!! - qui autorisent le Conseil des Ministres à modifier profondément le Code du Travail au prétexte d’une réécriture ! La droite espère l’imposer au plus tard en juillet. Sans débat.
Il y avait là de quoi montrer qu’entre la gauche et la droite, il n’y a pas photo. Mais manifestement ce message n’intéresse pas la presse.
Le correspondant de l’Union n’a pas jugé utile de prendre la moindre note.
Ce qui intéressait le journaliste délégué par « France Bleue » était de savoir ce que les socialistes feraient au second tour face à Gremetz ou ce qu’on pensait de l’absence de parité chez les candidats UMP ! Quant au Courrier Picard il brillait une fois de plus par son absence. La presse décide de ce qui intéresse nos concitoyens : ce qui relève de l’anecdote, les luttes intestines, les querelles de personnes, tout ce qui peut aider à convaincre nos compatriotes que la politique n’est qu’un jeu, tout ce qui peut contribuer à « dépolitiser » les débats, à les ramener au niveau le plus médiocre, tout ce qui peut aider nos compatriotes à choisir leurs élus non plus en fonction d’un projet de société, mais en fonction de leur image. Il n’est pas besoin qu’un journal appelle à voter Sarkozy, Le Pen ou Bayrou pour objectivement se mettre au service de la droite. Tout le monde sait qu’à ce jeu là, la droite a toutes les chances de gagner.
Jacques Fleury.