PARIS (AP) - Ségolène Royal a affirmé mercredi que si elle était élue à la présidence de la République, elle demanderait la "suspension" de la restructuration d'Airbus et accepterait que l'Etat réinjecte des capitaux dans l'entreprise. "Je remets à plat l'ensemble de la gestion de l'entreprise, je demande une suspension, un moratoire" et "je travaille pour qu'il y ait une concertation et un accord avec Angela Merkel", la chancelière allemande, a-t-elle expliqué sur i>télé. "Je pense qu'il faut que l'Etat remette au pot, mais sur la base d'un projet industriel franco-allemand solide", a ajouté la candidate socialiste à l'Elysée, qui était interrogée sur une éventuelle recapitalisation de l'avionneur européen. "C'est en associant nos efforts au niveau de l'Europe qu'on peut sortir Airbus de la crise", a-t-elle insisté, dénonçant notamment la direction bicéphale de l'entreprise. Ségolène Royal a souligné que la réforme de la
Banque centrale européenne (BCE) qu'elle préconise pourrait contribuer à donner de la stabilité à Airbus, qui a fortement pâti de la faiblesse du dollar. Interrogé sur le sujet à l'issue du Conseil des ministres, le candidat UMP Nicolas Sarkozy a juste répondu: "suspendre le plan? ça continue...." Selon une source proche du dossier, le plan "Power 8" d'Airbus, qui sera présenté ce mercredi après-midi, prévoit la suppression d'environ 10.000 emplois, dont quelque 4.300 en France, 3.900 en Allemagne, jusqu'à 1.500 en Grande-Bretagne et 500 en Espagne. AP lp/ma/co/cb