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ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.

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Un petit billet de Jacques FLEURY : maire de Roye

 

Billet n°78                 mardi 20 février 2007

 Ni à Pompidou, ni à Giscard d’Estaing, ni à Mitterrand, ni à Chirac, pas plus qu’à leurs adversaires malheureux, je n’ai entendu poser, pendant leurs campagnes électorales, la question: « Vous sentez vous capable de porter sur vos épaules la lourde charge de la République ».
Cette question que nul n’aurait jamais posée à un homme, hier, sur le plateau de TF1, quelqu’un a osé la poser à Ségolène Royal. Et qui croyez-vous eut cette  indécence? Une femme. Ne lui en voulons pas. Elle n’est que l’incarnation d’une longue aliénation qui porte les femmes à ne pas croire en elles-mêmes.
 La réponse à la question fut apportée par Ségolène Royal lorsqu’elle rappela à son interlocutrice le parcours qui avait été le sien depuis l’ENA jusqu’à la présidence de la Région Poitou-Charente en passant par les années passées à l’Elysée à préparer les sommets auxquels participait François Mitterrand, et les trois ministères qu’elle eut en charge. Parcours suffisant pour apprendre tout ce qu’il faut savoir sur la vie publique nationale et internationale.
Elle fut mieux encore apportée tout au long de la soirée par la maîtrise et le sang-froid dont elle a fait montre, par la certitude et la sérénité qui émanaient d’elle.
 Pour le porte parole de l’UMP interrogé à la fin de m’émission, le seul reproche à faire à notre candidate était sa supposée « langue de bois compassionnelle ». A l’évidence, le discours de Ségolène Royal n’a rien à voir avec le cynisme insolent qu’affiche Sarkozy à l’égard du monde du travail, rien à voir avec le mensonge permanent d’un candidat qui se voudrait l’incarnation du renouveau après avoir passé cinq ans entre le Ministère de l’Intérieur et celui de l’économie, et qui depuis un an affirme tout et son contraire.
 Aucun risque de compassion en effet chez M. Sarkozy. Cet homme a décidé, tout à fait consciemment, de commettre un hold-up sur les institutions de la République pour imposer le rêve d’une minorité lasse de devoir composer avec l’immense majorité des travailleurs pour accroître son pouvoir et sa fortune.
 Objectivement cet homme est un incapable : au pouvoir dans tous les gouvernements depuis 2002, un moment titulaire du Ministère de l’Economie, au moment où la croissance mondiale est à son plus haut niveau, au moment où la population en âge de travailler croit de façon trois fois plus lente que sous Jospin (50 000 nouveaux actifs chaque année contre       150 000 sous la gauche) ce qui devrait entraîner une baisse mécanique du chômage,  il a réussi l’exploit d’obtenir des résultats opposés à ceux du gouvernement honni de Lionel Jospin. C’est sous des gouvernements de droite, avec un numéro 2 nommé Sarkozy, que l’on réussit à  cumuler croissance faible, montée des déficits publics, aggravation de la dette ( Plus  2700 euros par français entre 2002 et 2005) et des prélèvements obligatoires ( passés de 43,1% à 44%), aggravation du chômage, décrue massive des créations d’emplois… Si l’emploi se redresse un peu en ce moment, c’est parce que la droite, après avoir condamné les solutions de gauche ( les emplois jeunes) les a rétablis sous Villepin !
 Objectivement cet homme est un incapable : qui a le sentiment d’être mieux protégé en 2007 qu’en 2002 malgré les rodomontades et l’agitation médiatique du toujours ministre de l’Intérieur?
 Mais ne nous y trompons pas. Cet homme est le porteur d’un projet  pour lequel il sera redoutablement efficace: celui de placer le monde du travail dans un tel climat d’insécurité générale qu’il retrouve la docilité nécessaire à l’ambition des puissants. Le chômage, la destruction du droit du travail, l’affaiblissement puis la privatisation de la protection sociale, participent de cette mise en condition. Non Sarkozy ne risque pas d’être soupçonné de compassion. Cet homme est dangereux. Très dangereux. Seuls les aveugles ou les puissants peuvent lui accorder la moindre confiance.   
        Jacques Fleury

http://jacques-fleury.parti-socialiste.fr

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