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ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.

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"L’opération Don Quichotte..." billet de Jacques FLEURY

 

Billet n°45        vendredi 5 janvier 2007
C’est très bien. L’opération Don Quichotte a réussi à mobiliser les médias et l’opinion publique, sur la question des sans logis et des mal logés. Comme l’avait fait il y a cinquante ans l’abbé Pierre. Réjouissons nous. Grâce à cette mobilisation la question est entrée – nous dit-on – dans le débat politique. Le Président de la République a tiré de son chapeau, comme cadeau de vœu ou d’adieu,  le « droit au logement opposable », Sarkozy a fait des promesses qui n’engagent que ceux qui veulent bien y croire, et les surenchères n’ont pas manqué ces derniers jours au point que « Libération » le journal parisien présumé de gauche toujours prêt à tirer sur son camp a titré hier  « La gauche sans voix ». Sans doute estimait-il que face au déferlement médiatique le PS était resté selon lui trop discret. Ségolène Royal a heureusement répondu hier  en rappelant et en précisant les propositions  extrêmement concrètes qui figurent depuis des mois au projet socialiste.
J’ai bien peur qu’après avoir combattu les moulins à vent, Don Quichotte soit amené à combattre les moulins à parole ! Le droit au logement opposable est sans doute une idée généreuse. Mais je n’en vois pas bien l’application. Surtout à court terme. Avant de s’exciter sur le droit opposable, j’aimerais verser quelques éléments d’expérience au débat.
Comme nombre d’élus, je n’ai évidemment pas attendu que les médias se mobilisent pour comprendre que le logement était une question prioritaire. Dans ma commune, lorsque j’ai été réélu en 2001, les besoins de construction de logements neufs étaient estimés à 300 pour les dix années suivantes. J’ai donc dès 2001 pris plusieurs initiatives. Pour l’accession à la propriété j’ai réalisé un lotissement de 53 parcelles dont 48 sont déjà vendues. Pour le locatif, j’ai demandé à  quatre organismes HLM différents de réaliser quatre projets différents pour un total de plus de 100 logements. Quatre ans plus tard, seuls 13 logements ont été livrés. Je ne sais pas qui bloque ! En tous cas pas la municipalité qui participe sous forme d’apport des terrains ou/et de prise en charge les VRD, les réseaux, les routes, etc…
 Par ailleurs, un des organismes HLM, fortement implanté dans ma commune, a décidé d’améliorer le confort d’un certains nombre de logements de son parc. Résultat : les loyers ont augmenté et je reçois des locataires qui ne peuvent plus faire face au montant du loyer.
 Afficher le droit au logement opposable est sans doute utile et généreux. Encore faut-il en approfondir les modalités et rendre applicable ce nouveau droit. Certes il faut beaucoup construire, comme le dit Ségolène Royal. Et en tous cas aider ceux qui veulent le faire à construire rapidement.  Pour accroître l’offre et, au passage, faire baisser la spéculation. Mais il faut aussi aider les familles, plus qu’elles ne le sont aujourd’hui, parce que les logements modernes auxquels on applique des normes de plus en plus rigoureuses, et sans doute heureusement, sont plus chers et de moins en moins accessibles aux revenus des salariés. C’est pourquoi, l’idée du projet socialiste reprise par Ségolène Royal, d’un « bouclier logement » plafonnant les loyers  à 25% des revenus les plus modestes conjuguée avec   la mise en œuvre d’un fonds de garantie des risques locatifs pour les bailleurs privés, me semblent plus efficaces et plus réalistes, même si je n’en sous estime pas les difficultés.

       Jacques Fleury

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