ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.
PARIS (Reuters) - Présidente de Poitou-Charentes et symbole de la "vague rose" des élections régionales de 2004, Ségolène Royal a expliqué que sa campagne présidentielle ferait étape dans toutes les régions de France, afin d'y "repérer les solutions qui marchent" en matière d'emploi. La candidate du PS pour 2007 a tenu dans la matinée une première réunion de travail avec les présidents de région socialistes consacrée au "coeur des compétences" régionales: les questions de formation professionnelle, de maintien des emplois "sur les territoires" et d'emploi des jeunes. "Ce qui m'intéresse, c'est de regarder, de repérer les solutions et ce qui marche sur l'ensemble des régions parce que toutes les régions ensemble ça fait la France", a-t-elle déclaré à la presse, balayant les critiques qui fusent déjà au sein du PS sur sa campagne "décentralisée". "Ce n'est pas parce que je déclenche une dynamique régionale que je fais l'économie d'une dynamique nationale, ce n'est pas exclusif", a-t-elle souligné. L'éducation, qui doit être "au coeur de tout et par devant tout", la politique étrangère, les "grands services publics régaliens" relèvent de la politique nationale, a-t-elle assuré. Mais contre un Etat central "qui tergiverse et qui mesquine", contre les "énergies stoppées, frigorifiées", elle est persuadée que les "leviers régionaux" sont "bien plus efficaces". Dans ces conditions, "la croissance durable sera de retour et donc l'accès à l'emploi sera favorisé", a-t-elle estimé. LES ANCIENS RIVAUX CONVERTIS Opposée à la décentralisation mise en place par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, Ségolène Royal a annoncé que si la gauche remportait la présidentielle, elle ouvrirait un "nouvel espace de transfert de responsabilités" afin de donner aux régions "la totalité des outils de la politique pour l'emploi". Pendant sa "phase d'écoute" des Français, jusqu'à la fin du mois de janvier, Ségolène Royal a fixé quatre grands thèmes (éducation, "ordre juste", "vie chère" et environnement). Pour plus d'efficacité, a-t-elle expliqué, elle consultera tour à tour les élus locaux sur leurs compétences principales. Emploi et environnement pour les régions, lutte contre les précarités avec les présidents de conseils généraux, qu'elle doit rencontrer dans une dizaine de jours, et lutte contre la délinquance avec les maires des grandes villes et de banlieues qu'elle doit réunir prochainement. Elle doit se rendre en fin de semaine prochaine à Lyon, à l'occasion du 22e salon Pollutec, qui réunit les professionnels de l'environnement. Après deux heures de réunion, Ségolène Royal, robe noire et veste de daim beige, a posé entourée de ses collègues masculins, dont certains ont fait campagne pour Laurent Fabius ou Dominique Strauss-Kahn. "Dans l'heure qui a suivi" les résultats de la primaire, le Fabiusien Martin Malvy s'est rangé derrière la candidate. "La France est corsetée dans un système d'une rigidité extrême qui paralyse le pays et qui est un handicap pour l'emploi. Le projet de Ségolène Royal (...) consiste à rompre avec ce passé historique qui est devenu un passé préhistorique", s'est félicité le président de Midi-Pyrénées. Jean-Paul Huchon, proche de "DSK", s'est même chargé de faire taire les critiques sur la régionalisation de la campagne socialiste. La campagne présidentielle de 2002, qui s'est soldée par l'échec de Lionel Jospin dès le premier tour, "n'a pas été quand même un modèle du genre, elle n'a pas apporté des résultats foudroyants", a rappelé le président d'Ile-de-France, qui se définit comme "un régionaliste à fond la caisse".