ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.
![]() |
PARIS (Reuters) - Les rivaux de Ségolène Royal pour l'investiture présidentielle du Parti socialiste espèrent mettre à profit la dernière semaine de "pré-campagne" pour obtenir ralliements ou défections, chacun en leur faveur.
Les candidats à la candidature peuvent déposer leur dossier à partir de samedi. Toutefois, le "bluff général", selon un proche d'un des "présidentiables", devrait durer jusqu'au mardi 3 octobre minuit, dernier délai pour faire connaître sa position.
Forte de son statut de favorite des sondages, la présidente de la région Poitou-Charentes ne réfléchit "plus vraiment" à sa candidature, manière de dire qu'elle est évidente. Elle sera mardi et mercredi au Sénégal avant un meeting à Vitrolles (Bouches-du-Rhône) vendredi soir.
Laurent Fabius, Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn assurent qu'ils seront sur la ligne de départ. Sauf coup de théâtre, François Hollande devrait poursuivre sa tâche à la tête d'un parti qu'il dirige depuis neuf ans.
Reste l'inconnue Lionel Jospin.
De l'avis de proches, il est "serein" et "déterminé" mais celui qui ne veut pas être "un candidat de plus" n'a pas provoqué de décantation parmi les prétendants.
"Pendant la semaine qui vient, il va mettre du coke dans la loco pour faire chauffer et voir ce qui peut se produire", pronostique un député parisien.
L'ancien Premier ministre ne cesse de mettre en garde le PS contre la "démocratie d'opinion" et réclame que le futur candidat "incarne le parti", deux piques adressées à Ségolène Royal, qu'il ne cite jamais nommément.
PACTE DE NON-AGRESSION?
Le candidat malheureux de l'élection présidentielle de 2002 a rencontré les autres postulants ces dernières semaines. A l'exception de Ségolène Royal, qu'il range dans la catégorie des "phénomènes médiatiques".
Un déjeuner avec Laurent Fabius, le premier en deux ans, a fait naître la rumeur d'une alliance anti-Royal.
Ségolène Royal "a une capacité hors du commun à faire bouger les lignes contre elle", dit un proche de Laurent Fabius.
Mais il n'y a avec Lionel Jospin "aucune alliance, que des convergences", assure-t-il. "S'ils s'étaient alliés, l'un soutiendrait l'autre désormais, et ce n'est pas le cas".
Malgré "la pression qui s'accumule sur la tête de Dominique", l'entourage de Strauss-Kahn dément toute hésitation.
"On n'a jamais été autant appelés, écoutés, chouchoutés et déterminés", s'amuse un proche de l'ancien ministre de l'Economie. "Chez Royal et Fabius, on nous dit 'tenez bon'. Chez Jospin et Lang, on nous dit 'retirez-vous'".
Le retrait de "DSK" pourrait créer un appel d'air favorable à Lionel Jospin. Son maintien obligerait, en revanche, les militants, qui doivent voter le 16 novembre, à répartir leurs suffrages entre trois candidats issus de l'ancien courant majoritaire au PS : Strauss-Kahn, Lang et Jospin.
Le scénario ne déplaît ni aux "Ségolénistes" ni aux "Fabiusiens".
Pour Jean-Christophe Cambadélis, bras droit de "DSK", il y a bien une bataille en cours entre "le nouveau parti contre le parti d'Epinay", autrement dit Ségolène Royal contre Jospin et Fabius, dont Dominique Strauss-Kahn peut émerger comme le "point d'équilibre" pour "faire autre chose autrement".
S'ils n'ont scellé aucune alliance formelle, trois candidats - Strauss-Kahn, Fabius et Jospin - semblent respecter une sorte de pacte de non-agression et entretiennent l'espoir de contraindre Ségolène Royal à un second tour auprès des militants.
Mardi dernier, ils ont réclamé d'une seule voix l'organisation de débats régionaux entre "présidentiables", qu'ils accusent Ségolène Royal d'esquiver.
Des propos de Dominique Strauss-Kahn sur la "mise en concurrence des universités", prononcés il y a quelques jours à New York, n'ont pas déclenché les foudres des partisans de Laurent Fabius.
Ils sont d'ordinaire prompts à dénoncer les entorses au projet présidentiel du PS. Quand la fautive s'appelle Ségolène Royal.