ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.




Le principe des marchés à réderies consiste à sortir sur la voie publique et proposer à la vente des objets usagés que des particuliers ne désirent plus conserver chez eux. Ce qui dans le département de la Somme s’appelle “réderies” se nomme dans les régions avoisinantes “marché au bazar”, “foire à tout” ou, dans le Nord, “braderie”. Un à deux dimanches par an, les villages de la Somme deviennent le théâtre d’un rassemblement festif dont la règle du jeu invite les participants à circuler au milieu d’accumulations et de surplus d’objets. Cet encombrement est redoublé par celui des gens qui défilent devant le spectacle des objets usagés entassés, sortis à cette occasion pour s’offrir à la vente. Les étals suivent le tracé des rues. Objets et personnes longent les trottoirs à la recherche d’une rencontre, d’une occasion à saisir. Le soir, à la fin des festivités, tout sera débarrassé.
Si des antiquaires et brocanteurs professionnels se mêlent à la vente, la réderie repose historiquement sur une logique d’amateurs. Les particuliers deviennent vendeurs, en tout cas, ils y jouent. C’est là, dans ce marché aux objets d’occasion avec des vendeurs occasionnels, que résident l’attrait et le plaisir de la réderie. Les objets proposés sont censés leur appartenir (avoir vécus à leurs côtés) et arriver sur le marché en fin de vie (après leur passage au grenier). Objets oubliés, curieux, cassés, abîmés, fêlés… chaises, bibelots, livres, cendriers, bougeoirs, tableaux, vaisselle, vélos, habiles…, tous ont cette qualité d’avoir été utilisés, d’avoir une histoire.(Avant-propos d'Octave Debary & Arnaud Tellier)