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ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.

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« DEPUIS 2003, explique Philippe Leroy, président de la coordination Artistes, Intermittents en lutte en Picardie le gouvernement veut faire des économies

philippe-leroy.jpgIntermittents du spectacle : la situation est inquiétante

Philippe Leroy tire la sonnette d'alarme. 35 ans, intermittent du spectacle et président de la coordination Artistes, Intermittents en lutte en Picardie,
 il dénonce une situation devenue selon lui « invivable ».

« DEPUIS 2003, explique Philippe Leroy, président de la coordination Artistes, Intermittents en lutte en Picardie le gouvernement veut faire des économies
 sur les intermittents. Du coup, un quart d'entre eux ne touche plus les assedics. Mais c'est là que le problème est suffisamment subtil. Ceux qui sortent
du système sont rattrapés par le fonds d'Etat et finissent par coûter aussi cher. »
En 2005, la loi a été simplifiée. « Maintenant, on pousse tout le monde à la faute et après, on vire les gens », s'insurge le jeune musicien et acteur.
 Pour obtenir le statut d'intermittent, il faut déclarer 507 heures de travail en 10 mois.
Mais derrière les heures « visibles » les artistes apprennent les textes, répètent… la plupart du temps sans être payés et sans être déclarés.
« Du coup, il n'y a plus de compagnies émergentes du tout. Les jeunes sont découragés. »
 
50 heures d'atelier par an pas plus

Ce qui fait particulièrement bondir Philippe Leroy, c'est que les intermittents n'ont plus le droit de dispenser que 50 heures de formation par an. « Animer un atelier est essentiel pour un artiste qui transmet. C'est en plus utile à la société » Au-dessus de ce plafond, ils sont rayés du statut obligatoirement et passent dans le régime général.
Lui, il fait partie des Ben'Arts, un compagnie en résidence à Corbie qui dans le cadre de sa résidence organise une lecture par mois.
Au-delà de cette prestation publique, les Ben'arts animent des ateliers et ouvraient largement leurs répétitions et notamment aux scolaires.
« Avec le plafond des 50 heures par semaine soit on arrête, soit on passe dans l'illégalité. Même chose lorsque nous organisons une « braillerie »,
 une soirée où chacun peut venir librement chanter, en général j'y suis depuis le matin pour ne gagner qu'un cachet. Tout m'incite à arrêter et
les contrôles se multiplient. Je connais une jeune actrice qui comme ça a été radiée du statut d'intermittente et qui a dû rembourser 3 ans d'Assedics.
 Pourtant, la culture est un vecteur du lien social énorme mais nous ne sommes pas rentables. Du coup le budget culture a fondu. Heureusement en Picardie,
Claude Gewerc a réagit et a considérablement augmenté le sien. Dans les départements, ensuite c'est très hétéroclite. Dans l'Aisne, par exemple,
c'est une catastrophe. Ici à Amiens, on mise sur le gros truc qui se voit à côté on a du mal à soutenir les petits trucs qui pourtant sont essentiels ».
Un rendez-vous mi-janvier

Philippe Leroy et ses homologues des autres régions ont décidé d'interpeller les élus. Il a déjà rencontré Gilles de Robien à plusieurs reprises
et une rencontre est prévue à la mi-janvier au conseil régional.
Philippe Leroy est plutôt optimiste au niveau local au moins pour trouver un arrangement pour la question des 50 heures de formation au moins.
« Je pense que Claude Gewerc sera partant. On devrait pouvoir travailler ensemble », avance-t-il.
Et puis il espère bien que le dossier remontera aux parlementaires et qu'il retiendra leur attention.
Marie Joubert

source http://www.journal-lunion.net paru le 4 janvier 2008

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