Monsieur le Président,
Chers collègues,
Nos politiques sociales sont notre principale compétence, notre principale responsabilité et dans la période économique que nous vivons, alors que se développe la précarité, nous ne pouvons que nous interroger sur l'efficacité de nos politiques et plus profondément encore sur le sens de notre politique sociale.
Depuis presque quatre ans, le même scénario se répète, le même budget est voté, les mêmes jérémiades sur le coût de l'APA sont prononcées, les mêmes jérémiades sont prononcées sur le budget du social.
Oui pourtant la situation sociale est alarmante et plus encore dans notre département très rural donc avec un isolement plus grand.Les femmes sont particulièrement touchées avec le travail précaire et à temps partiel, non choisi. La séparation vient souvent aggraver les situations déjà limites et le relogement qu’exige souvent l’urgence de ces situations, est la plupart du temps impossible.Les personnes âgées sont très isolées, avec peu de ressources et peu de services de proximité à leur disposition. Je ne parle pas des personnes qui vivent avec le RMI, pour eux, obtenir nos aides est devenu un parcours du combattant. Les critères en sont si compliqués, que je me demande comment ceux qui en ont besoins, arrivent à les obtenir.
Oui je m’inquiète de plus en plus car ceux qui travaillent et gagne le SMIC, c’est à dire moins de 1000 euros par mois, sombrent eux aussi dans la précarité et s’endettent de plus en plus.
Des schémas sont élaborés, avec toujours la même mécanique de travail : un bureau d'étude est choisi pour "auditionner" les salariés et les partenaires et établir des préconisations, qui seront ou non, retenues par l'exécutif, sans être vraiment discutées. (Je vous rappelle que la commission sociale du conseil général ne se réunit jamais en dehors des sessions, pourquoi engager une réflexion, vous n’avez en aucun cas besoin d’une réflexion collégiale)
Ces schémas sont obligatoires et ne montrent pas le plus souvent une action volontariste de notre Collectivité. Ils sont souvent intéressants, synthétiques mais sans programmation réelle de moyens, moyens qui leur font cruellement défaut, nous partons de ci loin, avec un manque d’équipements structurants.
Le Conseil Général est formellement le chef de file des politiques sociales. Mais qu’en fait-il ? Peu de choses, car on continue à morceler, à émietter au travers des commandes passées à des associations diverses et on perd ainsi, petit à petit toute visibilité et toute vision globale. Notre collectivité devient ainsi un financeur qui, ici et là, cherche à réduire ses factures et met en difficulté les structures porteuses de projet qui désespèrent de boucler leur budget.
Oui je suis fâchée ! Vous qui nous parlez d’équité départementale ! Autant de cantons, autant de structures, autant d’inégalité !
On nous dit que les communes et les communautés de communes doivent être actives en matière sociale mais quand elles ne veulent pas le faire que se passe-t-il ? Comment le Conseil Général les incite t-elle à le faire ? Je cherche encore…
C'est une politique de l'autruche qui est mise en place : on se cache la tête sous les schémas, on ne veut pas voir que les places en EPHAD sont en nombre insuffisant, que les enfants qui nous sont confiés sont accueillis dans de mauvaises conditions, que les dispositifs comme le RMA, censés permettre aux allocataires du RMI de trouver du travail, ne servent qu'à une infime minorité, que les crédits d'insertion sont en baisse permanente… faute de finances saines.
Jamais nous nous interrogeons sur l'efficience de nos politiques. Jamais nous nous interrogeons sur le bien être des personnes à domicile, sur les conditions de vie des allocataires du RMI, sur les conditions de vie de ceux qui sont radiés pour de bonnes ou mauvaises raisons et qui se retrouvent sans aucune ressource Sommes-nous sûrs que la recherche d’emploi à tout prix permet une réelle insertion, une insertion réussie pour des personnes qui ont perdu toute confiance en elle, tout repère.