ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.
Le budget caché, c’est l’austérité
Au cours de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozyavait promis que son « paquet fiscal » permettrait dedynamiser la croissance, d’élever les salaires, d’abaisser lesprélèvements, de stabiliser les prix…L’échec de cette politique est déjà unanimement constaté.Il prive la France de marges de manoeuvre pour 2008.Le budget 2008 qui est présenté au Parlement est donc unbudget de paille, dont l’unique vocation est de gagner dutemps.Il n’est pas viable, parce qu’il :•ne répond à aucune des questions fondamentales quise posent à l’économie française : rien pour restaurer lacompétitivité de nos entreprises, rien pour inverser ledécrochage de l’investissement, rien en faveur du pouvoird’achat, que ce soit pour dynamiser les salaires oulutter contre le dérapage des prix des produits de premièrenécessité ;• n’est pas sincère : l’hypothèse de croissance surlaquelle il s’appuie (2,25 %) est en décalage d‘un demi pointde PIB avec le niveau avancé par l’ensemble desinstituts (1,8 %). Or, moins de croissance, c’est moins derentrées fiscales : il manquera donc probablement prèsde 10 milliards à l’État;•est inconséquent. La France est en effet le seul pays del’Union européenne à ne pas afficher de baisse des déficits.Ce choix programme la hausse de la dette ; il s’inscrit dansla continuité de ceux adoptés depuis cinq ans qui ontalourdi la dette de 1 000 euros par an et par Français.Une fois les élections municipales passées, le gouvernementmettra donc en place son budget caché, qui conjuguerales hausses d’impôt et de taxes (mise en place desfranchises médicales, augmentation du taux de la CRDS,TVA sociale…) à la rigueur (suppressions aveugles de postesdans la fonction publique, baisse des dotations auxcollectivités locales, gel de 6 % des crédits…).La conséquence du paquet fiscal, c’est la mise en placed’un budget caché qui programme la baisse du pouvoird’achat des Français, car ce sont eux qui devront, au boutdu compte, payer la facture des allègements d’impôtsaccordés aux plus fortunés.
Michel Sapin, secrétaire national à l’économie et à la fiscalité.