ANTOINE Gérald, Citoyen et élu municipal à CORBIE - Somme - Picardie. Actualités socio-culturelles et politiques.
MOSCOU (AFP) - Des explorateurs russes ont planté jeudi un drapeau de la Russie au fond de l'océan Arctique, à plus de 4.000 mètres sous le pôle Nord, au terme d'une expédition présentée comme pionnière et symbolique des velléités territoriales de Moscou sur l'Arctique et ses hydrocarbures.Le sous-marin de poche Mir-1, équipé d'un bras mécanique, a dressé un drapeau en titane d'un mètre de hauteur et aux couleurs de la Russie à la verticale du pôle Nord, a annoncé Vladimir Strougatskï, un membre de l'expédition cité par l'agence Itar-Tass.Le Mir-1, bathyscaphe de tête, s'est "posé" à 4.261 m de profondeur. Le second module a atteint 4.302 m des grands fonds de l'océan Arctique (4.000 à 5.000 m de profondeur).Les deux sous-marins ont refait surface dans la soirée, au bout de 9 heures de mission. Leur équipage devait ensuite passer par une chambre de décompression.Selon M. Strougatskï, le Mir-1 est resté pendant une quarantaine de minutes entre deux eaux, à 15 mètres de profondeur, avant d'être remonté, le temps qu'en surface, un trou dans la banquise soit trouvé.Le pilote de Mir-2, Evgueni Tcherniaïev, avait livré, lyrique, son premier commentaire à l'agence Itar-Tass. "Nous avons touché le fond en douceur, autour de nous il y a un sol jaunâtre, mais nous ne voyons pas d'habitants des profondeurs marines", a-t-il déclaré.La réussite de la mission, présentée comme une première par les Russes, a été annoncée par la chaîne de télévision publique russe Vesti 24, qui dispose d'un journaliste en surface, sur le bateau Akademik Fedorov.Les explorateurs, dont deux députés et un scientifique russes, ainsi qu'un homme d'affaires suédois Frederik Paulsen qui co-finance la mission, ont mis deux heures à descendre dans les eaux de l'océan Arctique.L'équipage a mené des expériences scientifiques, pris des échantillons du fond marin et de l'eau, mais aussi laissé une capsule contenant un message pour les générations futures.Le président Vladimir Poutine, qui a soutenu en mai ce projet, a appelé les participants à l'expédition pour les féliciter de la réussite, ont rapporté les agences russes.Arrivés mercredi sur le lieu de plongée, les explorateurs étaient partis le 24 juillet de Mourmansk, une ville portuaire sur la mer de Barents.Deux bateaux russes, le navire de recherche Akademik Fedorov et le brise-glace à propulsion nucléaire Rossia qui l'escorte, ont été appareillés pour cette mission aux visées scientifiques, mais aussi politiques."Toucher le fond à une telle profondeur, c'est comme faire le premier pas sur la Lune", avait déclaré le vice-président de la Douma (chambre basse du Parlement), Artour Tchilingarov, qui dirige l'expédition.Au-delà de l'intérêt scientifique, l'expédition Arctique 2007 entendait rappeler les visées russes sur le contrôle de ces territoires, disputés avec d'autres pays, dont les Etats-Unis, et qui pourraient être riches en pétrole et en gaz.Selon le US Geological Survey, l'agence gouvernementale scientifique spécialisée dans les hydrocarbures, 25% des ressources mondiales de pétrole se trouvent au nord du cercle polaire.Avant de partir pour le pôle, Artour Tchilingarov avait ainsi estimé que l'expédition aiderait la Russie à avancer dans la revendication, soutenue par le président Vladimir Poutine, de ces régions. "L'Arctique est à nous et nous devrions y montrer notre présence", avait-il déclaré.En 2001, Moscou avait déposé une requête en ce sens devant une commission de l'ONU sur le droit de la mer pour revendiquer ces territoires.Loin de l'euphorie russe, le Canada a ironisé sur l'expédition jugeant qu'il s'agissait d'une tactique plus adaptée au 15e siècle qu'à l'époque actuelle, relevant du "spectacle"."Nous ne sommes plus au 15e siècle. On ne peut pas aller n'importe où dans le monde, planter des drapeaux et dire nous revendiquons ce territoire", a déclaré le chef de la diplomatie canadienne, Peter MacKay, dans une interview à la chaîne de télévision CTV.Source Par Karim TALBI AFP