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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 14:16

Dimanche 18 Décembre 2011

PICARDIE Nouveaux horaires, train d'enfer

Scène quotidienne sur la ligne Amiens-Paris. Des passagers debout, faute de places. (PhotoFRED HASLIN)

Scène quotidienne sur la ligne Amiens-Paris. Des passagers debout, faute de places. (PhotoFRED HASLIN)

Une semaine après la mise en place de nouveaux horaires, des usagers dénoncent des retards répétés et des trains surchargés. Parfois au point de devoir voyager debout.

« Bienvenue dans le train à destination de Paris-Nord... si tout se passe bien. » L'annonce faite au micro par cet agent de la SNCF, vendredi matin, illustre la nervosité qui règne sur les rails, depuis les changements d'horaires opérés il y a une semaine. Car contrairement au discours officiel, la mise en place de cette réorganisation a des répercussions très fâcheuses chez de nombreux usagers. C'est vrai, notamment, dans le train de 6 h 50 reliant Amiens à Paris. Depuis lundi, de nombreux clients sont obligés de voyager debout. La ligne, qui jusqu'alors partait d'Amiens, prend désormais des passagers depuis Boulogne, dans le Pas-de-Calais. Conséquence, à partir de Longueau, les places assises se font rares. «C'est comme ça depuis le début de la semaine, une vraie galère », raconte Corinne, appuyée contre la porte des toilettes. Cette jeune femme, salariée d'un cabinet d'audit parisien, fait quotidiennement le trajet entre Laigneville, dans l'Oise, et Paris. Non seulement elle doit faire son trajet debout, mais elle doit également jongler avec les retards et les changements d'horaires. «Mon train part vingt minutes plus tôt et arrive une demi-heure plus tard, constate Corinne. J'arrive en retard aux réunions de travail et il m'est arrivé de manquer des rendez-vous, c'est vraiment très pénible. » À côté d'elle, Mireille, 57 ans, montée en gare de Creil, acquiesce. «C'est comme ça matin et soir, c'est pas jojo. »

La SNCF relativise

Et c'est encore moins «jojo » pour ceux qui sont obligés de passer la moitié de la journée dans les transports en commun. Pour faire l'aller-retour entre son domicile, près d'Abbeville, et son travail, au palais de justice de Paris, Martine, 55 ans, doit compter quotidiennement 5 heures de trajet en train et en métro. «C'est déjà compliqué et fatiguant en temps normal, ça devient carrément épuisant », constate cette ancienne greffière du palais de justice d'Abbeville.

Tous les passagers rencontrés vendredi font le même constat. Et sur la toile, le bureau des pleurs est ouvert. Des dizaines de témoignages ont été postés sur le site internet du Courrier Picard, ou encore sur le blog de la ligne intercités Amiens-Paris. «Dans ce train déjà surchargé, cela fait deux matins de suite que j'ai vu des places avec réservation. Quand j'ai vu ça, j'ai cru faire un malaise », raconte Vincent. «Nous voulons être considérés comme des clients, et non plus comme du bétail ou une pompe à fric », explose Sarah. «Cette situation n'est pas acceptable, mes employeurs ne vont pas patienter longtemps », alerte Marilyne, confrontée à de nombreux retards.

De son côté, la SNCF relativise et dit prendre en compte toutes ces réclamations. Sans pour autant, jusqu'ici, apporter de réponses concrètes.

Dans le train en direction de Paris, un agent fait une nouvelle annonce au micro. La voix est fébrile : «A priori, pour l'instant, pas de retard mais, veuillez rester attentif aux annonces. » Le train entre finalement en gare du Nord avec 10 minutes de retard sur l'horaire prévu. «La routine », commente Martine, qui s'empresse de regagner la bouche de métro pour finir son trajet. Et commencer sa journée de travail.

FABRICE JULIEN source le courrier picard.fr

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Published by ANTOINE - dans DECEMBRE
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