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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 15:15

Un grand témoin s'est éteint

Imperturbable, infatigable, Marie-Thérèse Fainstein se donnait tout entière dans le devoir de mémoire qui l'habitait. Imperturbable, infatigable, Marie-Thérèse Fainstein se donnait tout entière dans le devoir de mémoire qui l'habitait.

Marie-Thérèse Fainstein, qui témoignait depuis 4 ans de son parcours de résistante dans les écoles et collèges du secteur, est décédée le 8 décembre.

Même si elle racontait avec beaucoup d'humanité ses moments de découragement, ne se prenant pas pour une super héroïne mais tout simplement pour une femme privée de ses droits les plus élémentaires à un moment de sa vie, Marie-Thérèse Fainstein n'avait jamais fléchi dans ses convictions. Et à plus de 90 ans, elle continuait à venir de sa Normandie, invitée par le Souvenir Français, témoigner sans relâche dans les classes des écoles, des collèges et des lycées du secteur de la barbarie nazie, mettant en garde les jeunes générations contre toute dictature et contre toute atteinte à la liberté d'expression.

Sa vie au service du devoir

de mémoire

Tous ceux qui ont écouté le témoignage de cette ancienne institutrice arrêtée pour faits de résistance en 1940 ont été bouleversés par son récit. Quand elle commençait à parler avec sa façon si simple et si déterminée, on ne pouvait que l'écouter, tant son message était fort. « Quand on était dans les camps, c'est d'abord de la colère que l'on éprouvait à cause de ce que l'on découvrait et on se disait qu'il fallait qu'on rentre pour raconter tout ça », expliquait-elle devant les jeunes qui l'écoutaient détailler son parcours de vie, une vie cassée par une arrestation qui la conduira ensuite vers le camp de travail de Ravensbrück, premier camp de femmes aménagé par les nazis, puis vers celui de Zwodau, où les prisonnières travaillaient dans une usine de pièces d'avion.

Même là, son esprit de résistance, son sens du combat l'emportaient. « Nous avons souvent fait semblant de ne pas savoir travailler, nous avons cassé ou perdu des outils volontairement, une de nos camarades a réussi à mettre hors d'état une grosse machine outils indispensable au bon fonctionnement de l'usine. » Marie-Thérèse Fainstein et les quelques survivantes qui restaient dans le camp de Zwodau ont été libérées le 7 mai 1945 par l'armée américaine mais elle montrait dans ses conférences qu'il ne suffisait pas d'être libéré pour retrouver la vraie liberté. Un long périple l'attendait encore avant de pouvoir serrer dans ses bras sa mère sur le quai de la gare du Havre.

Marie-Thérèse Fainstein, qui avait consacré une grande partie de son temps au devoir de mémoire, manquera à tous ceux qui la guidaient sur le canton et les environs pour permettre de belles rencontres entre ce grand témoin si précieux et les jeunes générations. Elle était commandeur de la légion d'honneur.

 

Le Courrier picard

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Published by ANTOINE Gérald - dans DECEMBRE 2013
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