Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 18:29

La Libération de René Ossart

Publié le 03/09/2013

Par Courrier picard


| CORBIE |

Il avait 13 ans ce 31 août 1944. Mais depuis, il n'a cessé de compiler les faits et les souvenirs des uns et des autres. René Ossart connaît en détail la libération de Corbie. Il raconte.

Comme chaque année, le défilé commémoratif du 31 août est parti du pont de Rome, puis est passé sur le pont de l'écluse, deux ponts qui avaient été minés en 1944.

René Ossart, a participé comme chaque année au défilé commémoratif de ce 31 août 1944. Ce jour-là, les bombardements devenant plus intenses à l'approche de la libération, il était réfugié avec sa famille et plusieurs autres dans une villa, route de Vaux. Depuis, il a collecté les témoignages de personnes ayant vécu cette journée historique. Son témoignage est particulièrement précis. « Le 31 août 1944, à 8 heures, tous les hommes valides de Corbie sont convoqués place de la République. Encadrés par des soldats allemands plutôt désabusés, des centaines de Corbéens prennent le chemin de Daours pour creuser des trous permettant aux A llemands de tenir un front contre les Anglais. Devant le laxisme des gardiens, un grand nombre de Corbéens s'échappera et regagnera Corbie sans encombre.

« Le soir, Corbie était libéré »

En fin de matinée, des charges explosives installées sous les ponts de Rome et de l'écluse menacent de sauter. L'un des responsables FFI de Corbie confie à Gustave Poingt la surveillance du pont de Rome avec mission de le désamorcer. Plus loin, le pont de l'écluse détruit et reconstruit provisoirement en 1940, sera sauvé aussi grâce à l'intervention de Lucien Vivier. Ces actes courageux réalisés avec l'aide d'autres Corbéens restés anonymes, ont sauvé de la destruction un quartier de Corbie et permis à l'armée alliée de poursuivre sa route libératrice. La nouvelle se répand rapidement et d'un peu partout, les hommes disponibles demandent à prendre les armes pour participer à la libération. Mais des armes, les responsables des FFI n'en avaient pas beaucoup. Vers 15 heures des SS qui fuient à bord d'une automitrailleuse lourde, tuent d'une rafale Camille Roland, l'un des responsables locaux de la résistance sur le pont d'Amour enjambant la Boulangerie. Le véhicule allemand est incendié cent mètres plus loin sur le Chemin vert, face à l'actuel collège, par un tir de tank anglais qui le poursuivait. La nouvelle de la mort de Camille Roland, directeur des usines BVR, jette la consternation dans la population car tout le monde ignorait ses fonctions secrètes des résistants, même ses proches.

Mis à part quelques échauffourées éparses, il semble qu'il n'y ait pas eu de véritables combats dans Corbie, la plupart des soldats allemands ayant pris la fuite avant l'arrivée des alliés, les autres préférant ne pas livrer combat. L'excitation était grande, tous avaient l'impression de vivre un grand moment.

Pour les résistants, la mission du jour était de visiter les cantonnements des soldats. Ceux qui se cachaient se sont rendus sans résistance. Il n'aura fallu que quelques fanatiques pour semer la mort sur leur passage.

En fin d'après midi, les engins blindés traversaient la ville en direction de Franvillers. A Bonnay deux d'entre eux étaient pris pour cible par les Allemands, incendiés et leurs occupants tués. Le soir Corbie était libre et saluait dans l'allégresse les troupes alliées qui distribuaient sur leur passage cigarettes et chocolat.

Le lendemain, plus de cinq cents prisonniers allemands étaient rassemblés et le 2 septembre, ils étaient conduits en cortège à Amiens pour être remis aux autorités militaires. La ville était libérée mais les privations allaient encore durer longtemps. »

Partager cet article

Repost 0
Published by ANTOINE Gérald - dans AOUT 2013
commenter cet article

commentaires