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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 13:23

Vendredi 19 Août 2011

CORBIE «Nous avons d'abord été victimes de l'euro fort»

Mickaël Lévy en 2009 lorsqu'il croyait en l'avenir de l'entreprise.

Mickaël Lévy en 2009 lorsqu'il croyait en l'avenir de l'entreprise.

Le gérant de BVR, Mickaël Lévy, s'explique sur son dépôt de bilan: il met en avant l'euro fort et la hausse des matières premières textiles.

 

Qu'est-ce qui vous a amené à déposer le bilan ? En 2009, j'ai repris une société qui était structurellement malade mais qui disposait d'un savoir-faire réel qui n'existe pratiquement plus en France, dans le tricotage et l'ennoblissement des textiles-teintures, apprêts, finition. Historiquement, l'entreprise travaillait avec le Sentier à Paris, qui tire le marché vers le bas essentiellement à cause des importations et de l'euro fort. Nous avions des volumes intéressants mais il s'agissait surtout de réassorts ou de productions à très courts termes. Et donc nous n'avions aucune visibilité. Moi, je me suis surtout concentré sur la prospection de gros clients et de produits techniques. Nous avons également fait un travail extraordinaire sur les gains énergétiques avec le personnel. Et nous avons vraiment amélioré la productivité.

Qu'est ce qui a précipité votre situation? Fin 2009 nous avons eu un gros impayé. En 2010, nous avons pourtant récupéré le chiffre d'affaires manquant. Fin 2010, nous avions une bonne visibilité. Puis en janvier et février2011, l'euro a remonté, le prix des matières premières a explosé-le prix du coton a été multiplié par trois -, la consommation des ménages a chuté. En février, j'ai même réinjecté 180000€ de fonds propres. Et les commandes ne sont pas revenues.

Allez-vous venir la semaine prochaine? Oui, je le souhaite mais je veux d'abord en parler avec l'administrateur. Tout passe par lui désormais. Et je vous avoue franchement que je ne sais pas ce que j'ai le droit de faire ou non. J'avais 28 ans et demi lorsque j'ai repris cette entreprise. J'ai surtout eu une activité de commercial bien que j'ai une formation d'ingénieur. Et je ne connais pas ces questions juridiques.

Qui est aujourd'hui propriétaire des murs et des terrains? C'est l'entreprise. Ils font partie de l'actif qui entre dans la liquidation.

Que va devenir le personnel? J'en ai parlé avec l'administrateur judiciaire. Certains sont proches de la retraite. D'autres ont un réel savoir-faire mais il reste si peu d'entreprises textiles en France! C'est la question essentielle. Moi j'ai tenté cette aventure, j'ai fait de mon mieux mais c'est le risque des affaires. Pour les salariés, c'est beaucoup plus grave.

Propos Recueillis Par

BENOÎT DELESPIERRE  http://www.courrier-picard.fr

 

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